Le goût âcre de la souillure parfaite. Il l'avait fait pour moi. J'aimais ainsi frôler sa peau lorsqu'il dormait, laisser ma chevelure vagabonder sur son torse, et mordiller sa nuque jusqu'au sang. Parfois laisser la porte de la salle de bain ouverte pour qu'il m'y rejoigne, qu'il me reluque jusqu'à l'aversion. Chaque contour, chaque forme, chaque esquisse, chaque balancement de hanche... Pour moi et moi seule. J'aimais laisser traîner des photographies sur le lit, dans la cuisine et le salon sans pudeur aucune. Je sais qu'il les admirait quand je n'étais pas là, jusqu'à l'émotion. Il l'avait donc fait ce matin. Il avait ce sourire satisfait de quelqu'un qui avait atteint la perfection. Il avait mis son veston en cuir, vêtement fétiche des bons jours sur un jean délavé et crade. Souillé. Il a badigeonné d'essence la maison dans les moindres recoins en terminant par la salle de bain. Là, il vit mon reflet dans le miroir. Ma nudité le faisait bander. Il savait qu'il ne me reverrait plus. Plus jamais comme avant. La baraque a prit feu, et lui dedans.

Humeur: Morbide